Ingrid Vandenhecke vous parle des couleuvres le L’Île-des-Sœurs et de leur importance dans le maintien d’un écosystème en bonne santé.
Inoffensives, les couleuvres de l'Île-des-Soeurs contribuent à la biodiversité de l'Île !
Qu’elles soient craintes ou qu’elles suscitent la curiosité, les couleuvres ne manquent pas de faire réagir les promeneurs et les jardiniers de L’Île-des-Sœurs qui les rencontrent.
A L’Île-des-Sœurs, au Domaine Saint-Paul et dans nos jardins, on peut observer la couleuvre rayée et la couleuvre brune. Il faut savoir que les couleuvres du Québec ne possèdent pas de crochet à venin. Par conséquent, leur morsure, qui n’arrive qu’en cas d’extrême maladresse de celui qui les manipule, est totalement inoffensive.
Ces reptiles méconnus sont à la fois des proies et des prédateurs, ce qui en fait un maillon essentiel de l’écosystème de L’Île-des-Sœurs. Protéger et respecter les couleuvres permet d’offrir de la nourriture à plusieurs habitants du boisé, comme le grand héron, la tortue serpentine, la buse à épaulettes et le faucon émerillon. Ce sont aussi des exterminateurs naturels limitant les problèmes de surpopulation de rongeurs, crapauds et grenouilles dans nos milieux naturels et à proximité des résidences. Ce sont généralement des alliées des jardiniers amateurs.
La couleuvre rayée
La couleuvre rayée peut atteindre plus d’un mètre, est facile à reconnaître avec ses trois rayures jaunes ou orangées sur son dos foncé. Commune ici dans L’Île, comme dans tout le sud du Québec, la couleuvre rayée peut vivre dans différents milieux, autant humides que terrestres, ouverts ou fermés. Active durant le jour, elle recherche particulièrement les berges de cours d’eau ou de lac, où elle nage pour chasser de petits poissons, traque les têtards, les grenouilles, les crapauds, divers insectes et les vers de terre dans la végétation humide.
La couleuvre brune
La couleuvre brune est la plus rare des couleuvres québécoises et ne se rencontre que dans la région de Montréal. Depuis 1992, elle a le statut provincial d’espèce susceptible d'être désignée menacée ou vulnérable principalement à cause de la destruction de son habitat naturel au profit de l’étalement urbain. La couleuvre brune est un petit reptile qui mesure généralement entre 25 et 35 cm. Les deux rangées de points noirs sur son dos brunâtre et la barre verticale foncée sur les tempes sont caractéristiques de l’espèce. Elle habite divers milieux ouverts où des abris sont présents, en région urbaine. Elle se nourrit de limaces, de vers de terre et de nombreux escargots du boisé qu’elle est capable d’extraire de leur coquille avant de les avaler.
La prochaine fois que vous croiserez le chemin d’une couleuvre, pensez à son importance pour l’écosystème et le maintien de la biodiversité de L’Île. Prenez aussi le temps de l’observer (sans la toucher) et appréciez sa beauté!
Nouveau rapport sur le déclin rapide de plusieurs espèces d'oiseaux au Canada
Radio-Canada
L'État des populations d'oiseaux du Canada a publié un nouveau rapport(Nouvelle fenêtre), cette semaine, sur la partie canadienne de l'Initiative de conservation des oiseaux de l'Amérique du Nord, qui révèle un déclin important de plusieurs espèces.
Les oiseaux qui ont été les plus durement touchés depuis 1970 sont ceux qui dépendent exclusivement des prairies indigènes pour leur reproduction et leur hivernage. Ces derniers ont connu une chute de 87 %.
Les oiseaux insectivores aériens, comme les hirondelles ou les martinets, ont décliné de 59 %.
Les oiseaux de rivage, qui migrent sur de grandes distances, ont connu une diminution de 55 %.
Une évaluation mondiale a aussi révélé que 55 des 58 oiseaux marins qui fréquentent les eaux canadiennes sont dans une situation préoccupante en matière de conservation et que 20 % d'entre eux sont des espèces menacées d'extinction.
Le Canada a perdu de 40 % à 60 % de ses effectifs d’oiseaux de rivage, d’oiseaux de prairie et d’insectivores aériens. Dans la dernière décennie, 80 % des espèces d’oiseaux nouvellement évaluées comme étant menacées ou en voie de disparition au Canada sont des insectivores aériens ou des oiseaux de prairie
Les changements climatiques et la perte des habitats côtiers sont les principales raisons qui expliquent le déclin de certaines espèces d'oiseaux au Canada, selon le rapport.
En revanche, d'autres espèces se portent mieux. Les sauvagines sont en voie de rétablissement, avec une augmentation de leur population de 150 % depuis 1970, grâce à des investissements fructueux en conservation de ces animaux.
L’interdiction du pesticide DDT, la gestion active de la chasse, la protection et la restauration d’habitats importants sont parmi les mesures qui ont aidé certaines espèces de volatiles à augmenter leur population au cours du dernier siècle.
Le chlorpyrifos, un insecticide toxique toujours autorisé dans l'Union européenne, est associé à des déficits de QI chez l'enfant, à des lésions cérébrales et à une augmentation de la fréquence de l'autisme chez les nouveaux-nés. Sciences et Avenir fait le point sur ce nouveau scandale sanitaire.
En France, le chlorpyrifos est encore utilisé dans la culture des épinards.
PHILIPPE HUGUEN / AFP
D'abord utilisé comme gaz innervant pendant la seconde guerre mondiale, le chlorpyrifos est pulvérisé depuis les années 1960 sur les cultures pour éliminer les pucerons et les chenilles. En 2005, son utilisation a été reconduite pour quinze ans par l'Union européenne. Mais plusieurs études montrent que le chlorpyrifos entraîne des effets irréversibles sur le cerveau des enfants, comme le révèlent nos confrères du Monde.
Quels sont les effets sur la santé ?
Plusieurs études montrent les effets du chlorpyrifos sur l'organisme. La plus préoccupante d'entre elles a été réalisée par un groupe de scientifiques internationaux, dont plusieurs Français. Publiée en 2015 dans le Journal of clinical endocrinology and metabolism, elle montre que la famille de pesticides à laquelle appartient le chlorpyrifos, appelée "organophosphorés", est associée à 13 millions de points de QI perdus et 59.300 cas de déficience intellectuelle en Europe.
Cet insecticide serait aussi à l'origine de lésions cérébrales et de cas plus fréquents d'autisme chez les enfants exposés avant et après la naissance, selon une étude menée en Californie et publiée en mars 2019 dans le British Medical Journal(BMJ). Toutes les mères participant à cette étude vivaient à moins de deux kilomètres d'un endroit où est utilisé le produit.
Des résultats similaires ont également été constatés par l'équipe de chercheurs universitaires de Virginia Raugh en Californie. Ces derniers ont pu observer, grâce à de simples IRM, que le cortex cérébral d'enfants exposés au chlorpyrifos étaient amoindris. Des anomalies soulignées dans leur étude parue en 2012.
Québec accorde discrètement un passe-droit aux pesticides « tueurs d’abeilles »
Une abeille s'approche d'une fleur. Photo: Associated Press / Patrick Pleul
Sylvie Fournier
À peine deux mois après l’entrée en vigueur de restrictions sur la vente et l’usage des pesticides « tueurs d’abeilles » au Québec, le ministère de l’Environnement accorde une dérogation aux agronomes. Ils peuvent ignorer les nouvelles règles et prescrire des semences de maïs enrobées de néonicotinoïdes.
Depuis le 1er avril 2019, des changements apportés au Code de gestion des pesticides restreignent le recours aux néonicotinoïdes. Leur usage doit être justifié par un agronome et faire l’objet d’une prescription.
Ces changements visent à réduire les risques pour la santé humaine et pour l’environnement posés par trois des pesticides les plus couramment utilisés et considérés comme les plus dangereux pour les insectes, mais aussi pour l’ensemble de la biodiversité.
À peine entrées en vigueur, les nouvelles règles font déjà l’objet d’une dérogation.
C’est une mesure exceptionnelle, se défend le président de l’Ordre des agronomes du Québec, Michel Duval. Le temps pluvieux des derniers mois a retardé les semis, ce qui force bon nombre d’agriculteurs qui avaient commandé des semences tardives à se rabattre sur des cultivars à croissance plus rapide. Les fournisseurs n’ont que des semences enrobées de pesticides à leur offrir.
C’est un choix de dernier recours pour éviter que la récolte ne soit compromise.
La dérogation n’est permise que dans certaines régions particulièrement touchées, concentrées surtout en Montérégie. Elle n’a pas été annoncée publiquement, parce qu’on ne voulait pas que ça serve d’excuse, ajoute Michel Duval. Les agriculteurs en ont pris connaissance dans un article publié dans le journal La Terre de chez nous.
Mécontentement chez les apiculteurs
Je suis extrêmement déçu!, tonne Stéphane Leclerc, président de la Fédération des apiculteurs du Québec.
Les producteurs de miel se battent depuis 2013 pour sensibiliser le gouvernement aux effets des pesticides néonicotinoïdes sur la santé des insectes pollinisateurs et réclamaient depuis longtemps des mesures pour stopper le déclin des colonies d’abeilles.
Stéphane Leclerc déplore que les nouvelles règles soient déjà contournées. Mais il ne blâme pas les agriculteurs, aux prises avec une situation difficile. Les agriculteurs, c’est notre famille, c’est nos amis, et ils ont besoin de manger. Ce n’est pas leur faute, dit-il.
Le président de la Fédération des apiculteurs montre du doigt les fournisseurs de semences, qui étaient avisés depuis février 2018 de l’entrée en vigueur des restrictions au Québec. Il estime qu’ils auraient pu avoir des réserves plus importantes de semences sans pesticides. Ils auraient dû prévoir, dit-il.
La dérogation a été annoncée par le ministère de l’Environnement à la fin mai, lors d’une rencontre du comité consultatif chargé de surveiller la mise en oeuvre des nouvelles dispositions du Code de gestion des pesticides.
Les membres du comité n’ont pas été consultés, mais plutôt placés devant le fait accompli, relate Julie Fontaine, responsable du dossier des pesticides à la Fédération des apiculteurs, qui a assisté à la rencontre.
Le gouvernement devra trouver des solutions pour éviter que la situation ne se répète, croit-elle, pour ne pas être à la merci des grandes compagnies américaines qui produisent surtout des semences de maïs traitées aux pesticides.
Des agriculteurs récoltent du maïs Photo : Getty Images
Une procédure normale, selon le ministère
Au cabinet du ministre de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques, le porte-parole Louis-Julien Dufresne rappelle que les lois en vigueur permettent des dérogations dans des situations particulières, comme les pluies abondantes de ce printemps.
Il ajoute qu’il s’agit d’une procédure normale, bien que relativement exceptionnelle. Il n’a pas fourni d’autres détails.
Faut régler ça!, rétorque Stéphane Leclerc, de la Fédération des apiculteurs, qui voit dans cette pénurie de semences non enrobées un signe que les grands fabricants mènent le bal.
La Cour supérieure a autorisé une action collective entreprise par les apiculteurs québécois contre les deux principaux fabricants de néonicotinoïdes, le géant agrochimique Bayer ainsi que Syngenta. Ils réclament plus de 400 millions de dollars en dommages et intérêts pour les pertes encourues par la disparition de colonies d’abeilles depuis 2006.
Les fabricants contestent ces allégations.
Dans un courriel envoyé à Radio-Canada, l’Association canadienne du commerce des semences confirme qu’il est difficile de fournir des produits dont la demande est imprévue et que la météo de cette année a déjoué la planification des agriculteurs et des semenciers.
Quant aux mesures à prendre pour éviter que la situation ne se reproduise, l’Association n’a fourni aucune réponse.
Je me demande, conclut Stéphane Leclerc, si la pénurie ne serait pas pour eux une manière d’étirer l’élastique au maximum!
============================================================================= Onrtario - Ministère de l'environnement - " La paruline orangée a déjà été évaluée comme une espèce en voie de disparition lors de l’entrée en vigueur de la Loi sur les espèces en voie de disparition en 2008. Une réévaluation en mai 2017 montre que le statut de la paruline orangée n’a pas changé. " " Les principales menaces qui pèsent sur la paruline orangée sont la destruction de l’habitat provoquée par l’enlèvement des arbres morts et vivants et le drainage des marécages arborescents qui constituent son habitat exclusif. " ==========================================================================