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mercredi 5 novembre 2025

Verdun : Renature élimine le phragmite et le remplace par des fleurs sauvages

 

Photo: 4 novembre 2025 par Jean-Marc Lacoste



Extrait

Nouvelles d'Ici

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Depuis 2024, l’organisme Renature Montréal élimine les plantes envahissantes et les remplace par des fleurs sauvages à Verdun. L’initiative citoyenne, qui a débuté derrière les serres municipales, s’est étendue aux berges cet été sur la longueur entre les serres et le terrain de basket-ball.

Le couple de citoyens Oz et Joan Obukoro sont les membres fondateurs de Renature Montréal. D’abord ornithologues, ils ont remarqué que les oiseaux fréquentaient de moins en moins les berges. Intrigués, ils se sont intéressés à l’agriculture et ont découvert que Montréal était devenu un « désert alimentaire » pour ces animaux, comme d’autres villes d’Amérique du Nord.

Ils ont donc décidé de débarrasser les berges de Verdun des plantes envahissantes afin de rétablir l’écosystème, en plantant des fleurs sauvages indigènes qui attirent les insectes, et ce faisant offrent un habitat accueillant et de la nourriture.

Brouette remplie de fleurs. Initiative Renature Montréal à Verdun le 22 août 2025. Crédit photo - Odile Joron
Brouette remplie de fleurs. Initiative Renature Montréal à Verdun le 22 août 2025. Crédit photo – Odile Joron

Une initiative qui en engendre une autre

En avril 2024, M. et Mme Obukoro ont arraché les mauvaises herbes et semé des graines de fleurs sauvages derrière le Grand potager de Verdun.

Quelques mois plus tard, ils ont ensuite demandé à l’Arrondissement de Verdun l’autorisation d’utiliser cette technique de l’autre côté de la piste cyclable, sur les berges. L’objectif ? Aider la Ville à se débarrasser des plantes envahissantes, dont la renouée du Japon et le phragmite, ce dernier étant particulièrement invasif sur les berges du Saint-Laurent.

L’Arrondissement leur a offert 500$ pour mener à bien leur projet. À ce jour, Renature Montréal a dépensé 400$ en matériel incluant la terre noire et des outils, plus 100$ pour acheter un coupe gazon. Les graines sont gratuites.

M. et Mme Obukoro travaillent tous les jours sur les berges, parfois accompagnés d’autres bénévoles.

Le gazon fétuque comme alternative aux rouleaux de gazon

Renature croit que l’avenir de verdissement des villes passe par le gazon fétuque. Ce type de gazon est semé et engendre des racines de trois à quatre pieds de profondeur, selon M. Obukoro. À maturité, ce gazon ne nécessite pas d’arrosage, car il s’irrigue à même le sol.

Le citoyen croit que les villes nord-américaines devraient remplacer leur usage des tapis de gazon par le gazon fétuque, car il moins dispendieux et plus écologique.

Renature a choisi de réserver une section des berges de Verdun au gazon fétuque pour faire connaître cette alternative écologique à la population. « C’est pour montrer aux gens à quoi ça ressemble, leur montrer ce qui est possible », soutient-il.

Oz Obukoro expliquant à un passant les bienfaits de l'EcoGrass. Crédit photo - Odile Joron
Oz Obukoro expliquant à un passant les bienfaits du gazon fétuque. Crédit photo – Odile Joron

« Tellement simple, facile et rapide »

En août 2024, une fois le permis de la Ville obtenu, Renature a commencé à arracher le phragmite et à mettre de la terre noire, avant de semer des graines de fleurs sauvages indigènes.

Après un premier essai où une quinzaine d’espèces ont survécu, il a fallu tout arraché, car trop de graines d’onagre avaient été plantées, cette dernière empêchant la diversité de l’écosystème à rétablir, selon leurs observations.

« L’onagre crée une ombre, car elle est haute et ses feuilles sont larges, explique M. Obukoro. Les autres variétés ne pouvaient plus pousser au ras du sol. »

La majorité des fleurs que l’on voit cet été sur leur lopin de terre est la rudbeckie hérissée, une fleur jaune au centre noire qui ressemble à une marguerite.

Renature Montréal soutient que sa technique est « simple, facile et rapide », et croit qu’elle pourrait être adoptée à grande échelle.

Une initiative citoyenne peu contrôlée

Virginie Michaud est biologiste à Héritage Laurentien, un organisme laSallois qui promeut la protection de la biodiversité dans le sud-ouest de Montréal.

Elle explique à Nouvelles d’Ici que les initiatives citoyennes de ce type gagnent en popularité et qu’il est important de s’assurer que les actions posées, même si bien intentionnées, ne nuisent pas au contraire à l’écosystème.

Elle déplore que l’expertise des biologistes ne soit « pas valorisée », au profit de celle de citoyens et citoyennes qui s’informent mais ne sont pas forcément formés et peuvent, dans certains cas, animer des conférences citoyennes contenant parfois de l’information erronée.

Mme Michaud explique qu’il existe « plein de spécificités » à respecter pour rétablir l’écosystème d’ici, notamment l’importance de semer des graines indigènes à la vallée du Saint-Laurent et non au Canada en général.

Selon la compréhension de Nouvelles d’Ici, la technique de restauration des berges utilisée par Renature Montréal n’a pas été validée ou invalidée par l’Arrondissement de Verdun.

Un possible risque d’érosion ?

L’agente de développement en transition socio-écologique à l’arrondissement de Verdun, Vicky Saint-Pierre, est la personne responsable de cette initiative citoyenne et assure un suivi avec M. et Mme Obukoro.

Elle indique que le projet n’est pas considéré comme un projet pilote. « Je ne peux pas vous dire si on irait de l’avant avec quelque chose de plus large, a-t-elle affirmé à Nouvelles d’Ici. Pour l’instant, on suit le projet. »

Mme Saint-Pierre soutient que l’enjeu du phragmite est « très important » pour Verdun, mais que le projet suscite une inquiétude face à une possible érosion des berges. « En enlevant le phragmite, ça vient fragiliser le sol, croit Mme Saint-Pierre. Pour l’instant, ça ne semble pas être une problématique. »

Mme Michaud indique qu’une bonne pratique serait de planter un mélange d’arbustes, de semis et de graines pour prévenir l’érosion, les arbustes ayant des racines qui peuvent stabiliser le sol après avoir arraché le phragmite.

M. Obukoro a affirmé à Nouvelles d’Ici ne pas avoir observé d’érosion sur le site.

Un volet éducatif à développer

Renature Montréal souhaite sensibiliser la population aux enjeux de l’écosystème des berges au-delà des brefs échanges avec les curieux et curieuses. M. Obukoro songe notamment à organiser des discussions la fin de semaine et à élaborer un « musée vivant ».

Cet automne, le couple plantera des fleurs sauvages en dessous des arbres, à l’extrémité ouest du lopin de terre.

Les personnes qui désirent en savoir plus sur Renature Montréal peuvent consulter leur site web.

jeudi 2 octobre 2025

Un nid de pygargues à tête blanche dans le refuge de l’Île-aux-Hérons

 


pygargue à tête blanche
Un pygargue à tête blanche sur le fleuve Saint-Laurent en 2017Photo: Jean-Marc Lacoste/Gracieuseté

Un couple de pygargues à tête blanche, anciennement appelé «aigle à tête blanche», a récemment été observé en train de construire un nid dans l’archipel de l’Île-aux-Hérons, à LaSalle. Avec les tentatives de nidification qui ont été rapportées dans le secteur ces dernières années, cet événement, qui reste assez rare à Montréal, est un bon signe du rétablissement de cette espèce vulnérable, croit un expert.

«Ce qu’on voit ces jours-ci, c’est un mâle et une femelle faire du transport de branches afin de construire un nid tout neuf, au sommet d’un arbre d’une île de l’archipel», explique Jean-Marc Lacoste, ornithologue amateur d’expérience, qui a rapporté l’événement.

nidification pygargue à tête blanche
Deux pygargues à tête blanche nichant au sommet d’un arbre, dans l’archipel de l’Île-aux-Hérons, à LaSalle, le 31 décembre 2021.

Le 13 décembre dernier, M. Lacoste avait d’abord aperçu un pygargue qui faisait des aller-retour entre les berges du fleuve et un site de nidification potentiel, en transportant des branches. Puis, le 31 décembre, l’ornithologue a observé le couple de rapaces trônant sur un nid construit au sommet d’un arbre sur une île des Sept-Sœurs, dans le refuge d’oiseaux migrateurs de l’Île-aux-Hérons.

Une tentative dans le secteur avait été observée en mars 2010 et avait malheureusement avorté à la suite de la disparition de l’un des deux oiseaux, raconte M. Lacoste. Une autre tentative non concluante aurait eu lieu l’an dernier.

«On va savoir fin-mars ou début-avril [au moment de la pondaison] si cet essai est fructueux, mais c’est sûr que nous allons suivre ça avec intérêt puisque c’est un événement très rare à Montréal», poursuit le membre d’Héritage Laurentien, un organisme qui œuvre dans l’éducation environnementale à LaSalle.

Une nidification hâtive

La ponte d’œufs ne signifiera toutefois pas que le tour est joué, rappelle Guy Fiztgerald, vétérinaire spécialisé en médecine des oiseaux de proie à l’Université de Montréal et membre de l’Équipe de rétablissement des oiseaux de proie du Québec.

«Je trouve ça étonnant que le nid soit construit en ce moment. C’est très tôt. Ça me donne l’impression que de nicher aussi hâtivement pourrait causer de mauvaises surprises aux parents.»

Si les œufs sont pondus prématurément, des facteurs météo comme un refroidissement draconien ou un manque d’accès à la nourriture pour le mâle pourvoyeur pourraient affecter le développement de l’embryon durant la couvaison, explique le spécialiste.

«Par contre, le fait que le nid soit sur une île qui est peu accessible, où les pygargues ont moins de chances de se sentir dérangés, pourrait augmenter les chances de succès. Ces oiseaux-là ont besoin d’une bulle assez grande.»

Un retour en force

L’expert se réjouit aussi que cette observation soit symptomatique d’un retour en force de l’espèce dans la province, après qu’elle a été désignée espèce vulnérable par le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs en 2003.

Entre les années 1930 à 1970, l’oiseau national des États-Unis – l’emblématique Bald Eagle – a subi un déclin important dans l’est du continent américain, notamment à cause des pesticides organochlorés (dont l’infâme DDT) et leurs effets toxicologiques sur la reproduction de l’espèce.

«C’est heureux de voir que la population est en augmentation au Québec, même si on ne sait pas encore à combien d’individus s’élève une population saine», fait observer M. Fitzgerald.

lundi 7 juillet 2025

La nature en pleine ville à Verdun -





Voir la vidéo en cliquant sur la photo



Par Marco Fortier - Le Devoir 7 juillet 2025 -

Leonel Orozco et son fils, Fabian, vivent à deux pas du fleuve et de son écosystème où évoluent 113 espèces d’oiseaux.

Photo: Adil Boukind Le Devoir Leonel Orozco et son fils, Fabian, vivent à deux pas du fleuve et de son écosystème où évoluent 113 espèces d’oiseaux.

Pourquoi aimez-vous votre quartier ? Qu’est-ce qui contribue à votre qualité de vie ? Le Devoir vous emmène cet été chez nos lecteurs qui ont bien voulu nous faire visiter leur voisinage. Premier arrêt : l’arrondissement de Verdun, à Montréal, où le fleuve et la verdure côtoient la faune urbaine.

« Quand on sort de chez nous par la porte d’en avant, on est en ville, mais par le balcon en arrière, c’est la campagne ! » Leonel Orozco nous reçoit dans son appartement en copropriété situé à deux pas du fleuve, à Verdun. Le père de famille, sa conjointe et leur fils de 14 ans n’ont pas besoin de chalet : ils ont l’impression de vivre en pleine nature, même s’ils habitent à 300 mètres de la très urbaine rue Wellington.

« Dès qu’on a visité le logement, on s’est dit : “Ici, c’est nous” », raconte le Montréalais originaire du Guatemala, attablé dans sa cuisine.


Par la fenêtre, on voit un terrain boisé. Des vélos passent sur la piste cyclable, à quelques mètres du balcon. On entend des oiseaux chanter. L’air du fleuve se fait sentir jusqu’ici. La plage de Verdun se trouve à cinq minutes de marche.

« On a une énorme cour arrière », lance Leonel Orozco en souriant. « C’est tout un écosystème : 113 espèces d’oiseaux ont été répertoriées dans le secteur », renchérit Fabian, l’adolescent de la famille, passionné de la faune ailée.

La famille Orozco a quitté son pays natal pour venir s’établir à Montréal en 2016. Ils ont acheté leur appartement actuel, boulevard LaSalle, il y a trois ans. Ils se sentent chez eux à Montréal malgré le déracinement, la langue — ils parlent un français impeccable — et l’apprentissage des coutumes, de la culture…

Photo: Adil Boukind Le DevoirLeonel Orozco et son fils, Fabian, n’ont pas besoin de chalet: ils ont l’impression de vivre en pleine nature, même s’ils habitent à 300 mètres de la très urbaine rue Wellington.

« Je crois qu’on s’est bien adaptés », résume Leonel Orozco, qui travaille dans le développement de logiciels. Lui et sa famille ont trouvé à Verdun l’endroit idéal pour faire leur nid : à 15 minutes à pied de l’école secondaire Monseigneur-Richard, près de trois stations de métro — et donc du centre-ville —, ainsi que d’une multitude de pistes cyclables et de tous les services, épicerie, pharmacie, soins de santé.

« On n’a pas besoin de voiture », explique Leonel Orozco. La famille se déplace à pied, à vélo ou en transports en commun. Et pour sortir de la ville, ils sont abonnés à Communauto.

Un grand terrain de jeu

Leur coup de cœur, c’est toutefois leur « cour arrière », qui s’étend à perte de vue… Le fleuve, la verdure, le vent. Les oiseaux, surtout. Leonel et Fabian tendent constamment l’oreille en parcourant leur terrain de jeu préféré. Sans même regarder, ils reconnaissent un merle d’Amérique, un cardinal, une mésange à tête noire, puis une autre espèce, et une autre encore…

Quatre minutes après être sortis de chez eux, on se trouve sur un sentier en bordure du fleuve. En cette journée de canicule, le moindre espace près de l’eau est occupé par des Montréalais en quête de fraîcheur. Des gens se trempent les pieds dans l’eau. D’autres prennent une bière frette.

Du reggaeton qui semble tout droit sorti de Porto Rico parvient à nos oreilles avant même qu’on arrive à la plage de Verdun. La bande de sable fin est bondée. Plusieurs centaines de personnes s’agglutinent dans ce vaste espace, qui semble exigu.

 On est chanceux de vivre ici, dans un pays en paix. La vie est belle à Montréal. Mais on doit prendre soin des gens qui ont moins de chance.

mercredi 21 mai 2025

Atelier ornithologique | À la découverte des oiseaux | Festival Verdun-sur-Fleuve – 3e édition | Été Semaine de l'océan Qc

 


25 Mai 13:30 à 15:30
Verdun, Québec
Adresse:
Multi-CAUS, 6049 Boulevard LaSalle, Verdun, QC, Canada

Cet événement est présenté dans le cadre de la 3e édition du Festival Verdun-sur-Fleuve de Demain Verdun.

Joignez-vous au verdunois et ornithologue amateur Jean-Marc Lacoste, pour aller à la découverte des oiseaux verdunois. L’activité débutera par une courte projection de son cru et se poursuivra sur les berges pour un moment d’observation.

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VISION DU FESTIVAL | Verdun-sur-Fleuve, c’est l’occasion de se réunir pour célébrer le grand fleuve qui borde notre quartier et notre ville insulaire. Plus qu’un voisin, le fleuve habille notre paysage et agit comme liant pour la collectivité de Verdun et du Grand Sud-Ouest de Montréal, mais aussi pour l’ensemble du Québec en nous projetant vers l’océan. Le fleuve devient un prétexte pour parler de notre identité, de notre avenir, de notre manière de vivre ensemble, des espèces avec lesquelles nous partageons la ville, de la manière d’interagir avec le fleuve, et de la responsabilité humaine de préserver l’environnement.

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VOIR LA PROGRAMMATION COMPLÈTE DU FESTIVAL :
https://demainverdun.org/verdun-sur-fleuve/festival-verdun-sur-fleuve-3e-edition-ete-2025/

Joignez la communauté Verdun-sur-Fleuve :
https://www.facebook.com/groups/verdunsurfleuve
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Le festival Verdun-sur-Fleuve et ses événements sont organisés de manière bénévole par des bénévoles membres de Demain Verdun avec la contribution de ses partenaires.

POUR DEVENIR MEMBRE DE DEMAIN VERDUN : https://www.zeffy.com/fr/ticketing/53c9175c-7c27-4349-96cf-8797b5fdd15b
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Lien vers l’évènement Facebook :
https://www.facebook.com/share/16Y27yHNMx/

Détails

Adresse:
Multi-CAUS, Boulevard LaSalle, Verdun, QC, Canada
Coût:Gratuit
Format:En personne
Catégorie: À l’extérieur, Éducation et exploration interprétative
Région: Grands Lacs et Saint-Laurent
Public: All-Ages | Tous les âges, Kids | Enfants (<13), Teens | Ados (13-19), Young Adults | Jeunes adults (19-30), Adults | Adultes (19+), Seniors | Les aîné.e.s (65+)
Accessibilité: Accessible aux animaux, Français



Présenté par

Financement par

Organisation d’événements en collaboration avec

Événements accueillis chez

vendredi 16 mai 2025

Le Grand-Héron: Un emblème, mais aussi une sentinelle du Saint-Laurent !




 

Qu’ont en commun l’école du Grand-Héron, Héritage Laurentien et les Amis du parc des Rapides à LaSalle? Leur emblème : un grand héron ! Pas surprenant car le long du fleuve à LaSalle, Verdun et Lachine, il est fréquent de pouvoir observer ce magnifique oiseau.

La raison de cette présence soutenue se trouve dans le chapelet d’îles en face du parc des Rapides.

La héronnière de l’Île-aux-Hérons : le coeur du refuge d’oiseaux migrateurs

Au cœur des rapides de Lachine se situe la héronnière de l’Île-aux-Hérons, la deuxième plus grande colonie de ces oiseaux au Québec. Une héronnière connue depuis plus de 80 ans ! C’est en 1937 que le refuge d’oiseaux migrateurs de l’Île-aux-Hérons fut créé par le gouvernement fédéral pour protéger ce lieu de nidification essentiel pour le grand héron.

Ce refuge d’oiseaux migrateurs est constitué de plusieurs îlots des environs :

  • l’Île-aux-Chèvres,
  • l’Île-au-Diable
  • l’Île-à-Boquet qui longe la Voie maritime du Saint-Laurent.

Le refuge comprend aussi les eaux baignant ces îles.

Carte du refuge d'oiseaux migrateurs de l'Île aux Hérons
Carte du refuge d’oiseaux migrateurs de l’Île aux Hérons – Crédit photo : Environnement Canada

Deux autres échassiers nichent également sur l’île aux Hérons : le bihoreau gris et la grande aigrette. Cet élégant « héron blanc » est d’ailleurs de plus en plus présent au Québec. En 2017, 20 à 25 nids de grande aigrette ont été recensés sur l’Île-aux-Hérons.

Des oiseaux sensibles, facilement dérangés

Le grand héron aime le calme et la tranquillité. C’est pourquoi il niche au sommet des arbres, en général sur des îles ou des étangs à castors peu accessibles à l’être humain et aux prédateurs terrestres. Il est aussi sensible aux conditions météorologiques.

Malgré la protection que le refuge d’oiseaux migrateurs de l’Île-aux-Hérons offre à l’espèce, la population des grands hérons a fluctué d’une année à l’autre. On a dénombré plus de nids occupés dans les années 1990 qu’à chacune des deux décennies précédentes. En revanche, les nids actifs sont à la baisse depuis les années 2000, selon Environnement Canada.

Tous les cinq ans, le ministère québécois des Forêts, de la Faune et des Parcs (MFFP) réalise un inventaire des héronnières du Québec.

Le plus récent a eu lieu en 2017 : 493 héronnières ont été visitées à travers tout le Québec par hélicoptère.

Pour le secteur Montréal-Laval-Montérégie, dont fait partie l’île aux Hérons, 412 nids actifs ont été dénombrés. Mais, le rapport n’indique pas combien de nids se trouvaient sur l’Île-aux-Hérons.

Feux d’artifice, motomarines et même cerfs de Virginie : des voisins problématiques

Jean-Marc Lacoste
Jean-Marc Lacoste
Crédit photo : Hélène Racine

Ornithologue et photographe passionné de Verdun, Jean-Marc Lacoste a aussi observé certains changements au fil des ans. « Il y a eu plusieurs sources de dérangement selon les moments et les époques », explique celui qui est aussi l’auteur de notre rubrique Oiseaux d’Ici.

« Par exemple, lors des feux d’artifice en juin, il est arrivé que de petits hérons apeurés se jettent en bas de leur nid. Plus récemment, les motomarines, très bruyantes et de plus en plus nombreuses dans les rapides de Lachine, constituent une nuisance sonore pour les jeunes oiseaux », poursuit-il. Il est interdit de faire escale sur l’Île-aux-Hérons. Mais, malgré cette interdiction, certains navigateurs perturbent la quiétude de la colonie en y faisant halte.

Monsieur Lacoste raconte qu’à une époque, les cerfs de Virginie, trop nombreux sur l’Île-aux-Hérons, menaçaient la survie de la grande héronnière. Le MFFP avait mis en place une chasse contrôlée en 2014 pour éviter la dégradation de la végétation et des arbres perchoirs essentiels des grands hérons, comme le relate cet article du Journal de Montréal.

Malgré tout, Jean-Marc Lacoste reste optimiste : l’année 2021 semble avoir été favorable au grand héron avec beaucoup d’adultes et de héronneaux observés, surtout à Verdun.

Le grand héron, une sentinelle de l’état du fleuve Saint-Laurent

Pour suivre l’état de santé du Saint-Laurent, les chercheurs responsables ont choisi le grand héron comme l’espèce sentinelle de la qualité de l’écosystème.

Pourquoi ? Cet excellent chasseur de poissons et de grenouilles, est au sommet de la chaîne alimentaire ! Il accumule les contaminants dans sa chair et jusque dans ses œufs. Ces derniers deviennent donc de bons indicateurs de la contamination de son milieu de reproduction.

Aujourd’hui encore, on trouve dans les œufs du grand héron de l’Île-aux-Hérons des traces de mercure, de pesticides comme le DDT, de BPC et d’autres produits toxiques. Cependant la tendance est encourageante depuis 1991 : la plupart des contaminants dans les œufs du grand héron sont à la baisse selon l’État du Saint-Laurent 2015. Pour l’Île-aux-Hérons, la présence de différents contaminants a diminué de 63% en moyenne en 2011 !


Céline Belzile
Résidente du Bronx depuis 20 ans, Céline et son mari Claude y ont élevé leurs deux garçons. Biologiste et spécialiste en environnement de formation, Céline a travaillé pour Hydro-Québec pendant 25 ans, à titre de chargée de projets et gestionnaire. Elle a siégé sur plusieurs panels lors de consultations publiques de grands projets hydroélectriques. Elle considère que la participation citoyenne et la communication sont au cœur du dynamisme d'un quartier.